Mabé et Keshi
Lorsqu’un corps étranger pénètre à l’intérieur d’un mollusque nacrier celui-ci met en œuvre un mécanisme de défense et sécrète de la nacre couche après couche autour de cet élément afin de s’en protéger. Ce mécanisme est à l’origine de la création de la perle fine et de la perle de culture mais peut parfois contribuer à la création d’autres formes de sécrétions.
Dans le cas de l’huître de Polynésie, Pinctada Margaritifera, on distingue deux dérivés principaux de la perle de culture de Tahiti selon que le mécanisme se déroule à l’intérieur de la coquille, Mabé, ou dans la gonade de l’huître, Keshi.
Les Mabé
À l’origine, le terme Mabé désignait une variété d’huître puis le terme a été étendu à la demi-perle qui était obtenu en plaçant un noyau entre la coquille et le manteau.
Ainsi, on qualifie de Mabé la demi-perle obtenue en introduisant un noyau à l’intérieur de la coquille de l’huître. Le Mabé est donc lui aussi obtenu par une méthode de greffe qui consiste à déposer un nucleus, généralement une demi-sphère, sous le manteau de l’animal.
Le mollusque recouvre alors cette demi-sphère de nacre tout comme le reste de sa coquille. A la récolte on découpe alors le Mabé dans la coquille de l’huître puis il sera poli avant d’être utilisé ultérieurement pour la confection de bijoux.
Contrairement à la perle de culture de Tahiti qui consiste en une greffe unique, on peut généralement introduire plusieurs nucleus de Mabé dans une seule huître, les risques de rejets étant quasi inexistant dans cette partie de l’animal. On peut ainsi obtenir plusieurs Mabé à chaque récolte d’une même huître.
Les Keshi
À l’origine, le terme Keshi, qui signifie « graine de pavot » en japonais, désignait la semence de perle – perle fine irrégulière de moins de 2 mm de diamètre – puis il a été étendu à toute perle baroque – fine ou de culture – à implant organique.
De manière générale, on appelle Keshi la concrétion nacrière baroque obtenue lorsque l’huître greffée rejette le nucleus et ne conserve dans sa gonade que le greffon ou un grain de sable qu’elle enrobe alors de nacre par le même mécanisme de création que la perle de culture.
Dans le cas de l’huître de Polynésie, on obtient alors une sorte de pseudo perle noire de forme très variable et ne possédant pas de noyau. Malgré leur composition identique à la perle de culture, les Keshi ne bénéficient pas de cette appellation en raison de la trop grande diversité et du manque d’homogénéité de leurs formes.