La Perliculture en Polynésie Française

Connue et vénérée depuis des siècles par les polynésiens l’huître Pinctada Margaritifera, « Te Ufi » en tahitien, était pêchée et exploitée pour la qualité de sa nacre, la finesse de sa chair et pour la pureté des perles fines qu’elle renfermait parfois, appelées « Poe Rava ».
Mais la nature vint progressivement à peiner face à une exploitation sans cesse croissante au fil des siècles. Face à cet appauvrissement dramatique, dés le début du XXème siècle des mesures furent prises, des expériences de collectage et de reproduction furent mises en œuvre pour tenter de sauver les bancs de nacres encore subsistants.

 

Les premières expériences de perliculture sur la Pinctada Margaritifera en Polynésie Française remontent à l’entre-deux-guerres. Monsieur Hervé, installé dans l’archipel des Tuamotu dans le lagon d’Apataki, élève et étudie l’anatomie et la sensibilité à l’environnement de la Pinctada Margaritifera.
S’inquiétant de la raréfaction des perles fines, il cherche le moyen de provoquer artificiellement la naissance des perles, et ce, sans avoir eu connaissance des travaux des japonais. La tentative d’industrialisation et de commercialisation de ses découvertes échoue au milieu des années 1920.
Ce fut finalement grâce à une technique de collectage des naissains, relancée à partir de 1954 par le Service de la Pêche, que furent sauvées in extremis les dernières réserves subsistantes du XXème siècle, situées aux Tuamotu et aux Gambier, atolls de l’océan Pacifique.
Ce sauvetage fut définitivement soldé avec le regain d’intérêt des hommes pour la perle de culture issue de l’huître Pinctada Margaritifera, communément qualifiée de perle noire.

 

Initiée dans les années 1960 par Jean Domard, vétérinaire métropolitain, alors chef du Service de la pêche, la culture de la Pinctada Margaritifera permis d’obtenir en 1965 la première récolte de perles d’excellente qualité, identiques aux perles fines « Poe Rava ». Pour réussir la procédure de greffe, Jean Domard fit appel à un spécialiste japonais avec qui il avait collaboré précédemment et qui maîtrisait la technique déposée par ces prédécesseurs japonais et démocratisée par Kokichi Mikimoto.
Ce succès fut le point de départ d’un essor économique formidable pour la Polynésie Française et ses atolls reculés, véritable ruée vers l’or noir.

 

Le développement de la perliculture offrit de nouveaux débouchés faciles et rapides aux populations locales et à permis de repeupler littéralement ces atolls qui se désertifiaient alors dramatiquement au profit de l’île principale de Tahiti, de stabiliser leur économie, mais s’est accompagné également de nouvelles contraintes imposées à ces milieux insulaires et plus particulièrement à l’environnement marin.
Bien évidemment, cette concurrence débridée des premiers temps devait également aboutir à une désorganisation du marché. Aujourd’hui la situation s’est largement rééquilibrée, beaucoup d’expériences perlicoles se soldant par des échecs.
L’industrie perlière constitue dorénavant un moteur majeur de développement pour la Polynésie Française et les différents acteurs travaillent sous la coordination du GIE Perles de Tahiti.
 



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